Téléphérique | Le câble n’a pas cassé… pourtant la cabine est TOMBÉE !

Le vent déplace les cabines, mais aussi les câbles. Pourquoi le passage d’un pylône devient-il critique, et comment décide-t-on de ralentir ou d’arrêter une installation ?
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Une rafale plus forte pousse beaucoup plus
Le vent exerce sur une cabine une force aérodynamique. Pour une même forme, une même surface exposée, une même orientation et une même densité de l’air, cette force est proportionnelle au carré de la vitesse relative de l’air, c’est-à-dire la vitesse de l’air mesurée par rapport à la cabine.
Passer de 60 à 90 km/h multiplie la vitesse par 1,5 et la poussée par 1,5 × 1,5 = 2,25. Ces valeurs illustrent le calcul : elles ne correspondent à aucun seuil d’exploitation.
Une rafale ne fait donc pas qu’incliner un peu plus la cabine. La poussée peut augmenter brusquement et mettre la cabine en balancement, pendant que le câble se déporte lui aussi.
Source : The Drag Equation (NASA Glenn)

La résistance du câble ne suffit pas
Un câble peut supporter largement les efforts sans que l’installation fonctionne correctement. Le câble et les cabines doivent aussi rester dans l’espace prévu pour leur passage, en particulier aux pylônes, où les guidages et la structure sont proches.
Le 29 juin 2014, au téléphérique de la Bastille à Grenoble, le câble tracteur, celui qui entraîne les cabines, a quitté son guidage au niveau d’un pylône lors d’une rafale. Les sécurités ont arrêté l’appareil, les passagers ont été évacués et personne n’a été blessé. Le câble n’a pas rompu et aucune cabine n’est tombée.
Ce cas concerne une installation précise : ses détails ne s’appliquent pas directement à d’autres appareils, ni à la cabine générique du dessin.
Source : Rapport d’enquête sur le déraillement de la Bastille (BEA-TT)
Une autre question : le bilan environnemental
La tenue au vent et le bilan environnemental sont deux sujets distincts. Le bilan d’un téléphérique dépend du trajet qu’il remplace, du nombre de voyageurs, de sa construction et de l’électricité qui l’alimente.
À Kuélap, au Pérou, une étude compare le téléphérique à l’accès par une piste de montagne et conclut à des gains pour la plupart des impacts étudiés. À Trieste, l’étude d’un projet urbain aboutit à un résultat différent avec la fréquentation estimée. Un téléphérique peut être pertinent sans être écologique par nature.
Source : Étude du téléphérique de Kuélap (Science of The Total Environment)
Sources
- STRMTG — Guides techniques RM1 et RM2 des téléphériquesGuides d’exploitation et de conception, versions de juillet 2023.
- BEA-TT — Déraillement du téléphérique de la Bastille, 29 juin 2014
- BEA-TT / SESE — Étude du retour d’expérience des accidents de remontées mécaniquesÉtude de juin 2024 comprenant le cas Rickenbach–Rotenflue du 20 octobre 2019 ; document disponible depuis cette page.
- NASA Glenn Research Center — The Drag EquationRelation entre force aérodynamique et carré de la vitesse relative de l’air.
- Tisséo — Dossier de presse Téléo, 13 mai 2022
- Environmental impacts of introducing cable cars in the Andean landscape: A case study for Kuelap, PeruScience of The Total Environment, 2020, article 137323.
- The environmental and biodiversity impacts of a new cableway system: A comprehensive life cycle assessmentJournal of Cleaner Production, 2024, article 144201 ; projet de Trieste.
