Ormuz | Le GIGANTESQUE plan B des Émirats

Un oléoduc peut contourner un détroit, mais pas toutes ses contraintes. Du chantier aux pompes et aux racleurs, comment fonctionne cette autre route du pétrole ?

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Thématiques : Énergie · InfrastructuresPubliée le Aller aux sources

Ce que fournit une pompe

Une pompe transmet de l’énergie au liquide. Dans une pompe centrifuge, une roue munie d’aubes tourne rapidement et accélère le pétrole ; à la sortie, cette vitesse se convertit en pression.

Dans une conduite horizontale de diamètre constant, le pétrole garde la même vitesse, mais sa pression diminue au fil du trajet. Les frottements contre la paroi et à l’intérieur du liquide dissipent une partie de l’énergie reçue. Ces pertes, appelées pertes de charge, augmentent avec la longueur de la conduite et avec le débit.

Une montée ajoute une autre dépense : le pétrole doit aussi gagner de l’altitude. Le dessin reste volontairement horizontal pour isoler l’effet des frottements. Sur un long trajet, d’autres pompes redonnent de la pression au pétrole avant qu’elle ne devienne insuffisante.

Source : Pertes de charge (KSB, lexique des pompes)

Croquis d’une pompe centrifuge reliée à une conduite horizontale équipée de deux manomètres.
Schéma de principe : une pompe centrifuge envoie le liquide dans une conduite horizontale. Les deux manomètres sont placés après la pompe ; le plus éloigné indique une pression plus faible, à cause des frottements. Le dessin n’a pas d’échelle, ne donne aucune pression réelle et ne représente pas une station du pipeline.Illustration réalisée par Illustr.Voir le schéma de la pompe en grand

Pourquoi du stockage à l’arrivée ?

Un pipeline fonctionne de préférence en continu : le pétrole arrive au terminal avec un débit assez régulier. Les navires, eux, viennent l’un après l’autre, se chargent lors d’une escale puis repartent. Le rythme de la conduite et celui des chargements ne coïncident pas.

Les réservoirs du terminal font tampon entre les deux. Ils reçoivent le pétrole quand aucun navire n’est en chargement, puis le restituent lors du chargement, à un rythme qui peut différer de celui de la conduite. Leur volume indique la quantité de pétrole que le terminal peut garder en attente ; il ne mesure pas le débit du pipeline.

Ce que le contournement ne règle pas

Un oléoduc qui évite le détroit d’Ormuz peut maintenir une partie des exportations des Émirats. Il ne remplace pas les flux des autres pays de la région qui empruntent le même passage.

La route terrestre a aussi ses propres dépendances : des pompes qui consomment de l’énergie, un entretien régulier de la conduite, des réservoirs à l’arrivée et une sortie maritime depuis Fujairah, sur le golfe d’Oman. Une fuite reste possible ; la surveillance et l’inspection servent à la prévenir et à la repérer tôt.

Le projet entre Jebel Dhanna et Fujairah suivi dans la vidéo est distinct de l’oléoduc existant entre Habshan et Fujairah, l’ADCOP.

Source : World Oil Transit Chokepoints (EIA)

Sources