Colorado | Ce barrage pourrait s’ARRÊTER alors qu’il reste de l’eau

Pourquoi arrêter un barrage alors que les prises d’eau sont encore immergées ? À Glen Canyon, hauteur de chute, vortex et cavitation expliquent les limites de la machine.

Voir sur YouTube

Thématiques : Eau · ÉnergiePubliée le Aller aux sources

Le volume n’est pas la hauteur de chute

Trois grandeurs sont souvent confondues. Le volume stocké est la quantité d’eau présente dans le lac Powell. Le débit est le volume d’eau qui traverse les turbines chaque seconde. La hauteur de chute est la différence d’altitude entre la surface du lac et le niveau de l’eau en aval du barrage.

À débit identique, une hauteur de chute plus faible fournit moins d’énergie disponible pour chaque mètre cube. Le lac peut donc contenir encore beaucoup d’eau alors que la centrale produit moins. Les turbines ont aussi une plage de fonctionnement : en dehors de cette plage, elles ne travaillent plus dans les conditions prévues par leur conception.

La cavitation : de la vapeur, pas de l’air aspiré

La cavitation commence par une baisse locale de pression dans l’écoulement, par exemple là où l’eau accélère. Si la pression descend assez bas, une partie de l’eau se vaporise à sa température du moment : des cavités remplies de vapeur d’eau se forment, sans que l’eau soit chauffée.

Quand l’écoulement atteint une zone où la pression remonte, ces cavités s’effondrent brusquement. Près d’une paroi, chaque effondrement concentre un effort sur une très petite surface. Répétés un très grand nombre de fois, ces effondrements peuvent creuser des piqûres et éroder le matériau.

Planche en trois vignettes : formation puis effondrement d’une cavité de vapeur près d’une paroi.
Trois vues de principe, de gauche à droite. 1. De l’eau liquide s’écoule au voisinage d’une paroi. 2. Là où la pression a baissé, une cavité de vapeur s’est formée près de la paroi. 3. La pression remonte : une petite cavité s’effondre vers la paroi, où apparaissent des piqûres locales. Ces dessins ne représentent ni une conduite ni une turbine de Glen Canyon.Illustration réalisée par Illustr.Voir la planche sur la cavitation en grand

Des maquettes avant d’adapter l’exploitation

Pour préparer une exploitation à bas niveau, le Bureau of Reclamation s’appuie sur des modèles physiques, c’est-à-dire des maquettes réduites des ouvrages. Ces maquettes permettent d’observer l’écoulement dans les conduites et à l’aval du barrage, et d’étudier le risque de cavitation, avant de modifier les consignes appliquées au barrage réel.

Le mémoire technique de mars 2024 distingue ainsi les conduites qui alimentent les turbines des vidanges de fond, et fixe des consignes d’exploitation provisoires. Ces études aident à utiliser le barrage dans de meilleures conditions à bas niveau ; elles ne compensent pas le manque d’eau du bassin du Colorado.

Source : Mémoire technique du 26 mars 2024 (Bureau of Reclamation)

Le barrage en quelques repères

Du chantier à l’inauguration

  1. Le chantier commence

    Le premier tir de mine marque l’ouverture du chantier.

  2. Le barrage atteint sa hauteur finale

    Le bétonnage du barrage s’achève, près de sept ans après ce premier tir.

  3. Les premiers kilowattheures

    La centrale produit sa première électricité.

  4. L’inauguration

    Lady Bird Johnson inaugure le barrage et la centrale. Les huit groupes sont alors installés.

Jalons présentés sans échelle de temps.

Source : Histoire du barrage (Bureau of Reclamation)

Béton et centrale

3,75 millions de m³
de béton pour le barrage seul, sans compter la centrale.
Bloc après bloc
Le béton n’a pas été coulé d’un seul tenant : l’ouvrage a été monté par blocs successifs, à partir de juin 1960.
Croquis de blocs de béton posés les uns sur les autres.
Croquis conceptuel : des blocs coulés l’un après l’autre. Ce n’est pas le découpage réel du barrage. Agrandir le croquis des blocs
8 groupes hydroélectriques
sont installés dans la centrale.

Sources : Glen Canyon Dam (Bureau of Reclamation)

Les personnes derrière le chantier

1957 — Une ville pour le chantier

En 1957, Page est créée pour loger les ouvriers et leurs familles.

Source : Histoire du barrage (Bureau of Reclamation)

Le coût humain

Le Bureau of Reclamation recense 18 ouvriers morts dans des accidents pendant la construction.

Source : Questions fréquentes (Bureau of Reclamation)

Sources